lundi 24 juillet 2017

"Tuzogukorerako" : le chef des Imbonerakure menace le Président Domitien Ndayizeye

#Burundi #Kora « Tuzomukorerako » : « nous allons travailler sur lui ».

Les mots utilisés par Sylvestre Ndayizeye contre l'ancien Président Domitien Ndayizeye sont choquants et d'une extrême violence. Ces mots vont au-delà d'une simple menace, c'est un nouveau vocabulaire très usité dans les milieux des tortionnaires et qui se répand de plus en plus dans la société burundaise: "tuzogukorerako" (nous allons travailler sur toi). A une fille qui refuse des avances sexuelles d’un Imbonerakure, on dit « tuzogukorerako ». A une personne qui refuse de payer une rançon ou d’exécuter un acte illégal, on dit désormais « tuzogukorerako ». A toute personne soupçonnée d’être un opposant au régime, on dit « tuzogukorerako ». Pour n’importe quelle critique à l’endroit d’un détenteur d’une petite parcelle de pouvoir au Burundi, on dit désormais « tuzogukorerako ». Dans la dic
tature CNDD-FDD, les citoyens doivent se taire, obéir à toutes les volontés d’un dirigeant ou d’un milicien, sinon « tuzogukorerako ». Alors que le vocabulaire était jusqu'ici utilisé par des éléments du SNR (services secrets) ou des Imbonerakure en menaçant des individus, samedi dernier il a été utilisé publiquement pour la toute première fois par un responsable national du CNDD-FDD, contre un ancien Président de la République. C’est grave.

Domitien Ndayizeye “tuzomukorerako”!

Les mots ont été utilisés samedi 22 juillet 2017 par Sylvestre Ndayizeye, secrétaire national chargé des ligues du CNDD-FDD, au cours de la marche de "démonstration de force des Imbonerakure" en Mairie de Bujumbura. L'ancien Président de la République aurait prodigué des conseils aux Imbonerakure en les prévenant sur les conséquences de leurs abus. La réponse de Sylvestre Ndayizeye n’a pas tardé:
« ...il [Domitien Ndayizeye] s'est d'ailleurs joint aux ennemis du pays en 2015; nous l'avons vu comme un très bon militant du CNARED, CNARED étant à la tête de ceux qui ont voulu détruire le pays en 2015. Nous le mettons en garde même s'il est notre grand-père. Nous lui disons "Trop c'est trop", nous le mettons en garde. S'il ose reprendre ce genre de propos, TUZOMUKORERAKO (nous allons travailler sur lui), TUZOMUKORERAKO pour qu'il sache ce qu'il doit respecter. S'il veut être le pion des ennemis de la patrie, qu'il parte ! ... Nous voulons également mettre en garde tous ceux qui sont comme lui, qui pensent donner des conseils sur ce qui ne les regarde pas. Il n'a pas d'enfant parmi nous, nous ne l'avons jamais vu et nous ne le voulons pas... Chers Imbonerakure, tenez-vous bien, n'écoutez jamais ceux qui veulent vous détourner, ainsi notre règne durera à jamais !"

Encore une fois, les mots utilisés par Sylvestre Ndayizeye, comme l’opération #KORA préconisée par Révérien Ndikuriyo, s’apparentent aux discours des génocidaires rwandais. Chez eux "travailler" est un mot codé qui évoque la mise à mort d'une personne ou de groupes de personnes. Les génocidaires pensent toujours qu’ils sont dans une mission historique et qu'ils sont en train de créer les conditions d'un pouvoir éternel par l'élimination de l'autre. Comme si l'éternité appartenait aux simples mortels. Décevante orientation d'un homme qui, au départ, était carrément opposé au troisième mandat de Pierre Nkurunziza. Il aura suffi que Pierre Nkurunziza rappelle à Sylvestre Ndayizeye qu'au sortir de la rébellion il avait été chargé de cacher des armes et toutes les autres missions aussi secrètes que criminelles auxquelles il avait participé pour que l'ancien gouverneur de Karusi retourne la veste. Sylvestre Ndayizeye est désormais perdu dans un langage outrancier de haine, peut-être pour retrouver toute la confiance d’un Nkurunziza qui n'oublie jamais ceux qui l'ont trahi. Malheureusement, en enseignant la haine, il trahit la Patrie et l'humanité entière. Enfin… l'idée d'un pouvoir éternel n'est pas éloignée de la folie.

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