jeudi 30 novembre 2017

Burundi: Disparition forcée de Jean-Paul Gahungu


Jean-Paul Gahungu vivait avec un handicap dans sa jambe gauche, il avait une prothèse et portait un soulier spécialisé. Ses ravisseurs n'ont pas hésité à le brutaliser au moment de l'enlèvement le 08 décembre 2016, en face de sa résidence dans la zone urbaine de Kinindo. Quelques jours avant cet enlèvement, Jean-Paul commençait à s'inquiéter que son téléphone aurait été mis sous écoute par le SNR; il gérait une maison de massage et relaxation (Sauna/Spa) sise à Kinindo et appartenant à un exilé présumé proche du Général Cyrille Ndayirukiye. Le matin du 08 décembre 2016, il s'était plaint du harcelèment d'un nombre d'appels téléphoniques par un numéro masqué. Après analyse de l'historique des appels, le FOCODE a découvert que l'un de ces numéros appartenait à un détenu à la prison centrale de Mpimba.Le même matin, des témoins auraient remarqué des allers-retours autour de son domicile d'un officier du Service national de renseignement prénommé "Joe Dassin", souvent cité dans des crimes d'assassinats et de disparitions forcées. A peine sorti du domicile autour de 10 heures du matin, Jean-Paul Gahungu a été menotté et jeté de force dans une voiture, Toyota Starlet bleue foncée aux vitres teintées, à bord duquel se trouvait trois personnes dont une en tenue de la police nationale. La voiture aurait été identifiée et appartiendrait à un certain "Kamatari", chef adjoint du SNR en Mairie de Bujumbura.

Après de vaines recherches dans tous les cachots officiels de Bujumbura, la famille de la victime a porté plainte et demandé l'ouverture d'une enquête à la Police Judiciaire. Curieusement, la police a refusé d'enquêter et a renvoyé la famille au SNR qui serait "mieux outillé" pour une telle enquête. C'est la même famille qui devra ramener à la PJ le rapport d'enquête du SNR ! La famille a saisi le SNR, elle attend depuis une année le début d'une enquête. Entretemps, la justice reste inactive et la CNIDH muette sur cette disparition forcée.

Le rapport détaillé du Focode Asbl sur la disparition forcée de Jean-Paul Gahungu a été rendu public ce mercredi 29 novembre 2017 et se trouve en ligne sur le lien http://ndondeza.org/jean-paul-gahungu/ 

58 ans, en dépit de son handicap, Jean-Paul Gahungu est décrit par les siens comme un homme joyeux, sérieux et très gentil.

lundi 20 novembre 2017

Burundi : Disparition forcée du policier Gaston Cishahayo

Il s'appelle Gaston Cishahayo, il est brigadier (sous-officier) au commissariat provincial de la police à Muramvya. Depuis le soir du 19 octobre 2017, depuis un mois donc, il est introuvable. Cela n'inquiète pas les autorités de la police burundaise qui restent complètement muettes. Avant d'intégrer la police burundaise, Gaston Cishahayo était du FNL d'Agathon Rwasa.

Le soir du jeudi 19 octobre 2017, Gaston Cishahayo partageait un verre avec un ami venu de Bujumbura et le chef provincial du SNR à Muramvya, Rémy Mutabazi Misigaro, au bar "Kumuhora" sis à Bugarama. Autour de 21 heures, le brigadier serait sorti du bar pour acheter des crédits de son téléphone; il aurait été suivi immédiatement par Rémy Mutabazi Misigaro et ce fut la dernière trace du policier Gaston Cishahayo. Ce soir-là, il n'est pas rentré chez lui au chef-lieu de Muramvya. Le lendemain matin, des textos venant de son téléphone et adressés à des proches ou aux collègues annonçaient qu'il avait fui au Rwanda, un nouveau numéro rwandais était communiqué à ceux qui voulaient lui parler, mais le numéro n'était pas fonctionnel. Les recherches effectuées par le Focode Asbl montrent que le téléphone émettait depuis Ruhwa, à la frontière rwando-burundaise, comme pour prouver absolument que le brigadier se trouve au Rwanda. Le même vendredi à midi, la camionnette du commissaire provincial de la police à Muramvya, Isidore Ryakiye, est allé chez le frère de Gaston Cishahayo à Bwiza en Mairie de Bujumbura; un policier nommé "Mupfumu" chargé de la sécurité du commissaire Ryakiye en est débarqué pour annoncer que le brigadier était introuvable et laisser son numéro pour le joindre aussitôt qu'il y aurait des nouvelles de Gaston Cishahayo. Quelques temps après, le même policier "Mupfumu" aurait appelé un autre frère de Gaston Cishahayo pour annnoncer la fuite de Gaston Cishahayo au Rwanda. Au deuxième jour, samedi le 21 octobre, le policier "Mupfumu" était "en congé" à Mabanda en province de Makamba, visiblement pour convaincre la famille de Gaston Cishahayo que le brigadier avait fui au Rwanda. Son patron, Isidore Ryakiye, avait quant à lui défoncé la veille la résidence de gaston Cishahayo pour récupérer les effets de police. Avant même qu'il ne soit déclaré déserteur.

L'enquête menée par le FOCODE indique que le brigadier Gaston Cishahayo aurait été exécuté le soir du jeudi 19 octobre 2017, entre Bugarama et Muramvya. FOCODE demande une enquête indépendante sur cette disparition forcée, particulièrement sur le rôle présumé de Rémy Mutabazi Misigaro et Isidore Ryakiye dans le processus de disparition forcée du brigadier Gaston Cishahayo.

L'enquête du FOCODE est en ligne sur le lien http://ndondeza.org/gaston-cishahayo/

mardi 14 novembre 2017

Burundi : Disparition forcée de Monsieur Dieudonné Gahungu

Dieudonné Gahungu. 43 ans, marié et père de deux enfants, technicien employé à l'Office national des télécommunications ONATEL. Il avait osé quitter le CNDD-FDD en 2010 pour adhérer au FNL d'Agathon Rwasa. Pour le CNDD-FDD, c'était une grave trahison, Dieudonné en a payé par des mutations intempestives, loin de sa famille, à Kayanza et Kirundo avant de revenir à Ngozi. En 2015, il était sur la liste des candidats députés de la Coalition Amizero y'Uburundi à Ngozi; il n'a pas été retenu pour siéger à Kigobe, il est resté technicien de l'ONATEL à Ngozi.

Dès janvier 2016, il a informé ses proches et ses amis qu'il était gravement menacé par l'administrateur de Ngozi Radjabu Songambere et qu'il était constamment filé par des agents du SNR. Depuis, il avait adopté des règles de sécurité strictes: il devait rentrer à la maison entre 17 heures et 18 heures, tantôt sur sa moto de service tantôt à pieds.

Le 17 juin 2016, il a vaqué normalement à ses occupations à l'ONATEL. Vers 15 heures, il a passé au bureau de son épouse. Mais à 17 heures, il n'était plus joignable, son téléphone était éteint. Pour toujours. Entretemps, selon un témoignage obtenu par le FOCODE, il avait passé au Sauna "Sangwe" sis au chef-lieu de Ngozi, non loin de la station-service Engen. C'est là que des agents du SNR l'auraient trouvé, l'auraient arrêté manu militari sans même lui laisser le temps de remettre ses vêtements. Ils l'auraient emmené, de même que sa moto de service, au bar sis à Vyegwa chez le Colonel Dominique Nyamugaruka, commandant de la BSPI (Garde présidentielle). Le bar a déjà été cité dans plusieurs autres cas de disparitions à Ngozi.

Des proches l'ont cherché dans les cachots et prisons de Ngozi, Gitega et Bujumbura, mais en vain. Au bureau du SNR Ngozi , ils ont reçu une réponse autant pleine de moquerie que révélatrice: « Ari kumwe n’abari mw’ishamba kandi yagiye yivye igihugu » ; ce qui se traduit : « Il est avec ceux qui ont rejoint le maquis et il est parti avec un bien public ». La famille a été menacée et rançonnée à hauteur de 200.000 francs burundais. Dieudonné Gahungu reste introuvable depuis le 17 juin 2016. L'ONATEL s'est tu et n'a rien fait pour retrouver son employé et sa moto. La police nationale et la justice burundaise, de même. La CNIDH est restée muette comme d'habitude. Voilà une autre raison qui justifie la pertinence d'une enquête de la CPI au Burundi.

L'intégralité du rapport du Focode Asbl se trouve sur le lien http://ndondeza.org/dieudonne-gahungu/ 

lundi 13 novembre 2017

Burundi : disparition forcée de Joseph Nsabimana

Joseph Nsabimana. Les manifestants de Cibitoke et Ngagara l'avaient surnommé "Commissaire". Il avait joué un rôle de premier plan dans l'encadrement des manifestations contre le troisième mandat de Nkurunziza dans la zone urbaine de Cibitoke, il assurait la logistique de la manifestation. 35 ans et célibataire, plombier de formation, Joseph Nsabimana était militant du parti MRC-Rurenzangemero alors dirigé par feu Colonel Epitace Bayaganakandi.

Selon ses proches, dans l'après-midi du dimanche 13 décembre 2015, Joseph a reçu un appel téléphonique de deux anciens manifestants de Cibitoke qui lui proposaient de partager un verre au Bar "Maison Blanche" à Ngagara quartier III. A ce moment-là, Joseph Nsabimana ne savaient pas que ses deux anciens frères de lutte (dont Bruce Tuyisabe) avaient changé de camp. A son arrivée sur le lieu du rendez-vous, Joseph est tombé dans le filet d'un groupe de policiers conduits par le Brigadier Jonas Ndabirinde de la garde présidentielle. Rapidement attrapé, jeté à l'arrière d'un pick-up de la police qui a fait un tour dans le quartier comme pour exhiber "sa trophée", Joseph Nsabimana n'a plus fait signe de vie depuis deux ans.

Puis s'en est suivi un long calvaire pour la famille de Joseph. Des proches de la victime ont fait le tour dans tous les cachots officiels et dans toutes les morgues de Bujumbura, mais en vain. La famille a payé une somme de 550.000 francs burundais à trois personnes qui se présentaient comme des émissaires de Jonas Ndabirinde mais Joseph n'a jamais été remis. La famille s'est adressée à la commission nationale indépendante des droits de l'homme qui a juste répondu poliment qu'elle n'avait trouvé Joseph Nsabimana dans aucun cachot; la Commission n'a même pas inscrit Joseph sur la liste des personnes portées disparues dans son rapport annuel de 2015. Tharcisse Nkunzimana, petit frère de Joseph Nsabimana, a à son tour été traqué par des Imbonerakure, des policiers et des administratifs à la base de la zone Cibitoke; il a dû se cacher pendant près de deux ans avant de fuir le Burundi en août dernier.

La police et la justice burundaises n'ont rien fait pour retrouver Joseph Nsabimana ni châtier ses ravisseurs. Une preuve supplémentaire pour justifier l'ouverture d'une enquête de la CPI sur le Burundi. Le Focode Asbl salue l'ouverture de cette enquête et publiera ces deux semaines plusieurs dossiers de disparitions forcées pour souligner la pertinence de l'enquête de la Cour Pénale Internationale.

Le rapport sur la disparition forcée de Joseph Nsabimana est publié en intégralité sur le lien http://ndondeza.org/joseph-nsabimana/

vendredi 13 octobre 2017

Le héros de l'indépendance du Burundi est mort à 29 ans. Un appel à la jeunesse burundaise.

56 ans déjà.
Le 13 octobre 1961 était assassiné le Premier Ministre du Burundi, Son Altesse Royale le Prince Louis Rwagasore. Il n'avait que 29 ans.


A 24 ans, en 1956 alors qu'il rentrait de ses études en Belgique, il avait commencé sa carrière politique en proposant un projet de "Constitution murundi", rapidement rejeté par la puissance tutélaire belge.
A 25 ans, à partir de 1957, le prince Rwagasore avait initié deux coopératives de commerce et de consommation qui RASSEMBLAIENT les différentes composantes de la société burundaise. Les coopératives ont été combattues par l'autorité tutélaire.
A 26 ans, en 1958, il avait créé le Parti nationaliste UPRONA qui allait conduire le Burundi à l'indépendance et qui RASSEMBLAIT les composantes sociales du Burundi. Rapidement, les autorités de l'époque, sous divers prétextes, lui ont interdit de diriger son parti: il s'était alors contenté de la position de Conseiller Général du parti. A plusieurs reprises, il a échappé à des tentatives d'assassinat en raison de ses convictions politiques et de sa lutte patriotique.
A 28 ans, du 27 août au 09 décembre 1960, le Prince Rwagasore avait été placé en résidence surveillée à Bururi, le temps de l'organisation des éléctions communales que l'UPRONA a alors perdues.
A 29 ans, en septembre 1961, il devint Premier Ministre du Royaume du Burundi après la victoire écrasante de son parti aux législatives du 18 septembre 1961. Il fut assassiné, 25 jours seulement après cette victoire.


Le jeune prince a fait de la politique pour sauver son pays, le pouvoir de l'époque a voulu l'en empêcher en prétextant qu'un membre de la famille royale n'avait pas ce droit. La réalité est que le pouvoir avait peur de ce jeune patriote. Ce jeune a protesté pacifiquement contre le pouvoir de l'époque en organisant le boycott des produits européens. Pour cela et pour d'autres raisons, le pouvoir l'a taxé de communiste dangereux à abattre. Ce jeune a demandé à l'ONU d'intervenir pour organiser et superviser de vraies élections en 1961. L'ONU est venue, cela a permis de sauver l'indépendance du Burundi. Face à l'engagement de ce jeune patriote qui souhaitait une démocratie qui RASSEMBLE tous les burundais, le pouvoir a créé des partis politiques à connotation ethnique. Le pouvoir qui avait exclu les hutu de la vie publique s'est transformé en défenseurs des hutu pour saboter le combat nationaliste de Rwagasore. Mais Rwagasore RASSEMBLAIT les hutu, les tutsi, les ganwa et les twa autour d'un idéal patriotique.

Ce message s'adresse à la jeunesse burundaise de toutes les tendances. 56 ans après l'assassinat de Rwagasore, la jeunesse burundaise doit se réveiller pour sauver la Patrie. Encore une fois, le pouvoir en place, sous divers prétextes dit que certains d'entre nous ne devraient pas s'occuper des affaires publiques parce qu'ils lui font peur. Encore une fois, le pouvoir accuse les jeunes d'être des terroristes ou des insurgés parce qu'ils protestent contre les injustices et demandent le respect de la constitution. Encore une fois le pouvoir nous taxe d'être des traîtres à la Nation parce que nous demandons à l'ONU d'intervenir pour protéger le peuple burundais contre une tyrannie sanguinaire. Encore une fois, le pouvoir qui tue des hutu et des tutsi depuis 2005 se transforme en défenseurs des hutu pour casser le mouvement citoyen qui défend la Constitution et l'Accord d'Arusha. Encore une fois, le pouvoir en place refuse à des leaders de diriger leurs partis, les emprisonne, les exile ou les tue. Encore une fois,le pouvoir tyrannique ne veut pas entendre d'un mouvement citoyen qui transcende les divisions ethniques et politiques.

En avril 2015, des jeunes de l'âge de Rwagasore (de 20 ans à 35 essentiellement) ont manifesté des mois durant pour dire NON au projet anti-patriotique de Pierre Nkurunziza. Comme Rwagasore, ils défendent la dignité nationale et se déclarent SINDUMUJA ("je ne suis pas esclave"). Nombre de jeunes et de moins jeunes ont été assassinés pour cet idéal, comme Rwagasore. Mais nous n'avons pas le droit d'abandonner la lutte. Nous n'avons plus le choix de la peur. Restons déterminés, quelle que soit la longueur de cette nuit, jusqu'au nouveau jour: celui de l'émergeance d'un Burundi démocratique qui respecte les droits fondamentaux de chaque citoyen. Ce jour-là nous chanterons à l'unissons "Burundi BWACU", nous célébrerons "un Burundi de tous les burundais" qui n'osera plus qualifer ses enfants "d'ennemis de la patrie", de "chiens errants" (mujeri), etc. Ce jour-là, Rwagasore le patriote sera fier de nous.


Paroles du Prince le 19 septembre 1961:

"Il faut surtout que les habitants du Burundi se sentent en paix et en sécurité, que personne ne se croit menacé et que chacun ait confiance dans la protection du Gouvernement. (...) Le peuple murundi vient de faire son choix et nous n’avons pas le droit de le décevoir en exerçant le pouvoir qu’il nous a délégué pour assouvir nos rancoeurs ou notre orgueil. Nous lui devons au contraire, de nous servir de ce pouvoir pour rassurer tous les hommes, augmenter le nombre de nos amis et apaiser les querelles entre Barundi. (...) A cette heure de la victoire du Parti, fût-il le mien, je ne suis pas grisé par le succès, car pour moi et mes amis, la véritable victoire ne sera atteinte qu’après l’accomplissement d’une tâche difficile mais exaltante ; un Burundi paisible, heureux et prospère."

Souvenons-nous: il n'avait que 29 ans !

Pacifique Nininahazwe, 13 octobre 2017.

mercredi 11 octobre 2017

Burundi : Disparition forcée de MM Léon bangiricenge et Rémy Ndagijimana, deux militants du MSD

Le 25 avril 2017, l'épouse de Rémy Ndagijimana, a accompagné son mari jusqu'à Sororezo et ne savait pas qu'elle le voyait pour la dernière fois. Le mari a continué son chemin vers Mutanga Sud en Mairie de Bujumbura où il avait rendez-vous avec le chef des Imbonerakure de Sororezo, Hatungimana alias "Wenge". Chauffeur de profession, Rémy Ndagijamana était au chômage et Wenge disait lui avoir trouvé un nouvel emploi. Arrivé tout près de la Paroisse Esprit de Sagesse dit "Chez Ntabona", Rémy a été enlevé par des personnes à bord d'une voiture Toyota TI aux vitres teintées. Des témoins de la scène auraient reconnu parmi les ravisseurs "Joe Dassin", officier du SNR cité dans de nombreux crimes à Musaga, il serait affecté pour le moment dans Bujumbura Rural. Rémy Ndagijimana aurait été conduit au bar Iwabo w'abantu à Kamenge où il aurait passé trois jours sous torture avant d'être transféré dans un lieu secret de détention à Kajaga. Rémy Ndagijimana avait 35 ans au moment de cette disparition forcée et laissait un enfant de trois ans ainsi qu'une jeune épouse enceinte.

Deux jours plus tôt, Léon Bangiricenge, hommes d'affaires âgé de 55 ans et père de quatre enfants, avait répondu à un appel téléphonique d'un ami qui devait passer chez lui. Alors qu'il l'attendait devant sa résidence à Kamenge, Léon Bangiricenge a été enlevé par des éléments du SNR conduits par Joseph Mathias Niyonzima alias Kazungu selon des témoins. Lui aussi, il aurait été conduit au bar Iwabo w'abantu où il sera rejoint par Rémy Ndagijimana. Cet enlèevement est survenu dix jours seulement après l'évasion de la prison de Rutana par Charles Nzeyimana, frère de Léon Bangiricenge et ancien président du parti MSD en Mairie de Bujumbura.Difficile de savoir s'il existe un lien entre l'évasion de Charles et la disparition forcée de Léon.

Après le bar Iwabu w'abantu, Léon Bangiricenge et Rémy Ndagijimana auraient été détenus dans une maison secrète du SNR à Kajaga dans la commune de Mutimbuzi. Malades à cause des actes de torture subis, les deux compagnons d'infortune auraient été exécutés le 31 mai 2017 et enterrés dans une fosse commune près du pont Ntahangwa, non loin de l'Eglise pentécôtiste de Ntahangwa, selon le porte-parole du parti MSD. Des proches des victimes ont été menacés alors qu'ils menaient des vérifications dans les différents cachots officiels, les familles ont été pressées de payer des rançons aux agents du SNR qui promettaient d'aider dans la libération. La police burundaise n'a jamais communiqué sur cette double disparition forcée, la justice reste inactive six mois après.

Léon et Rémy étaient des militants du parti MSD et avaient manifesté contre le troisième mandat de pierre Nkurunziza, Rémy avait même été chauffeur à la permanence nationale du parti. Leur disparition forcée rappelle le sort de nombreux autres membres du MSD victimes de la répression en cours au Burundi. Un quart de la quantaine de dossiers NDONDEZA concernent des membres du MSD dont des responsables du parti dans des communes.

Trouvez l'intégralité de l'enquête du Focode Asbl sur cette double disparition forcée sur le lien http://ndondeza.org/leon-bangiricenge-et-remy-ndagijimana/

mercredi 27 septembre 2017

Burundi: Disparition forcée de Jasper Arakaza, un jeune de Mutakura

Une année et neuf mois. La famille de Jasper Arakaza attend son retour depuis le 26 décembre 2015. Ce jour-là, aux alentours de 13 heures, il a répondu à un rendez-vous d'Emmanuel Niyongabo, ancien administrateur de la commune urbaine de Cibitoke (2010-2015) réputé très proche des Imbonerakure et du SNR, très engagé dans la répression contre le troisième mandat de Pierre Nkurunziza. Le rendez-vous avait lieu au bar d'Emmanuel Niyongabo sis au quartier Twinyoni à Kamenge. En dépit des réticences de sa famille, Jasper Arakaza voulait se réconcilier avec celui qu'il considérait comme "son ami". Quelques jours plus tôt, une grenade avait éclaté au bar d'Emmanuel Niyongabo alors que Jasper Arakaza venait de le quitter; rapidement et sans enquête, Emmanuel et ses amis ont conclu que la grenade était lancée par Jasper. Le seul fondement de ce soupçon était le fait que Jasper Arakaza résidait à Mutakura, un bastion de la contestation.

Pourtant, Jasper Arakaza ne s'intéressait pas à la politique et n'avait jamais manifesté contre le troisième mandat de Nkurunziza. Il était retourné au pays à quelques mois du début des manifestations après un séjour de 10 ans en Afrique du Sud. Il avait quitté le Burundi à 18 ans et ne maitrisait pas les évolutions politiques du pays pendant son absence. Ses proches avaient tenté de le dissuader de cette amitié avec un personnage dangereux: Emmanuel Niyongabo, alors administrateur civil de Cibitoke, aurait porté l'uniforme de polie et un fusil pour tirer sur des manifestants. Jasper ne voyait aucun inconvénient à cette amitié puisqu'il était politiquement neutre. Il ne savait pas que tout jeune d'un quartier contestataire qui refuse d'adhérer à la milice Imbonerakure est considéré comme un opposant à Nkurunziza.

La famille de Jasper Arakaza souffre du phénomène de disparitions forcées depuis 45 ans. En 1972, son grand-père a répondu à une convocation en promettant de retourner rapidement à la maison, il n'est jamais revenu. Le 26 décembre 2015, Jasper Arakaza a promis à sa maman et à sa fiancé qu'il allait revenir rapidement juste après sa rencontre avec Emmanuel Niyongabo, il n'est toujours pas revenu. Des menaces graves pèsent sur sa famille, en plus d'un niveau record de rançon: la famille a payé au moins sept millions sept mille francs burundais (7.700.000 BIF) à des agents de la police et du SNR qui promettaient de faciliter la libération de Jasper. La résidence de ses parents a souvent été soumise aux fouilles-perquisitions de la police qui chercherait des armes, son père est détenu depuis plusieurs mois à la prison centrale de Mpimba.

Jasper Arakaza avait 30 ans et projetait son mariage dans les premiers mois de 2016. C'était un jeune homme très gentil et très jovial qui faisait rire tout le monde. Beau gosse aussi. Il a laissé une fillette, Tabitha, de quelques mois. Son costume de mariage reste suspendu dans la maison qu'il comptait occuper avec l'élue de son coeur. Ce dossier NDONDEZA publie également le témoignage de la soeur de Jasper Arakaza, la journaliste Iradukunda Hortence sur ses cauchemars et son traumatisme depuis la disparition forcée de son frère; une souffrance que partagent tous les proches des disparus.
Focode Asbl demande à la CPI d'ouvrir rapidement son enquête sur les crimes contre l'humanité en cours au Burundi depuis avril 2015.

L'intégralité de l'enquête du FOCODE sur cette nième disparition forcée est en ligne sur http://ndondeza.org/jasper-arakaza/

samedi 23 septembre 2017

Genève : la société civile burundaise plaide pour les réfugiés burundais auprès du HCR


Pacifique Nininahazwe, Carine Kaneza et Lambert Nigarura
Une petite délégation de la société civile burundaise a été reçue mercredi matin au siège du HCR (l'agence onusienne pour les réfugiés) à Genève en Suisse. Pacifique Nininahazwe (Focode Asbl), Carine Kaneza (Barundikazi Mffps) et Lambert Nigarura Lambert (CB-CPI) ont mené un plaidoyer sur la sécurité des réfugiés burundais dans les pays de la sous-région. Un certain nombre de points ont été soulevés:

1. La délégation de la société civile a demandé une enquête indépendante sur le massacre de Kamanyola qui a emporté les vies d'une trentaine de réfugiés burundais à l'Est de la république démocratique du Congo le week-end dernier. Le HCR a signifié à la délégation qu'il avait condamné ce massacre et qu'il allait envoyer urgemment aux autorités congolaises une lettre demandant une enquête crédible et que la MONUSCO avait déjà fait de même. Le HCR a signalé que les réfugiés étaient provisoirement installés près d'un camp de la MONUSCO et qu'il comptait les relocaliser à Mulongwe. Le HCR a également indiqué que les quatre personnes arrêtées vendredi n'allaient pas être extradées au Burundi mais qu'elles seront installées dans le camp de Lusenda. La délégation de la société civile a insisté sur la nécessité d'une enquête indépendante au regard de la collaboration évidente entre des éléments des services de sécurité burundais et ceux de l'Est de la RDC dans la maltraitance des réfugiés burundais. La délégation a également évoqué les cas de réfugiés burundais injustement détenus dans les prisons d'Uvira et Bukavu.

2. La délégation de la société civile a dénoncé les pressions sur les réfugiés burundais en Tanzanie en vue de les forcer à rentrer après le passage de Pierre Nkurunziza en juillet dernier. La délégation a signalé que des miliciens Imbonerakure ont infiltré des camps de réfugiés en Tanzanie, créent du désordre et du tapage en réclamant de retourner au Burundi. La délégation a demandé que le HCR mette toutes les garanties pour que seuls ceux qui veulent rentrer soient facilités dans leur volonté de retourner et que ceux qui ne veulent pas rentrer soient bien protégés dans les camps. Le HCR a signalé qu'elle était en train de vérifier les listes de ceux qui veulent rentrer et que ceux derniers étaient évalués à environ huit mille personnes, soit 0,7 % des réfugiés burundais en Tanzanie. Le HCR a assuré qu'elle continuera à soutenir et à protéger les vrais réfugiés.

3. La délégation de la société civile a soulevé la question de la diminution et de l'insuffisance de la nourriture fournie aux réfugiés en Tanzanie. Le HCR a répondu que cela n'avait aucun lien avec les pressions pour faire rentrer les réfugiés, mais plutôt que le HCR faisait face à l'insuffisance des moyens financiers; occasion donc de faire un appel aux différents donnateurs. La société civile a également transmis les craintes des ex-militaires burundais regroupés à Nyarugusu qui, depuis quelques semaines, font face à une procédure administrative inhabituelle. Le HCR a promis de suivre de près le cas.

4. La délégation de la société civile a évoqué les nouvelles menaces sur des familles des victimes de disparitions forcées et sur les familles des défenseurs de droits humains réfugiés dans certains pays de la sous-région, notamment en Ouganda. Ici, la délégation de la société civile a proposé la réinstallation dans d'autres pays pour les personnes de nouveau ménacées par des miliciens Imbonerakure ou des agents du SNR dans leurs pays d'asile. Le HCR a signalé que la question de la réinstallation est quelque peu difficile pour les burundais mais que ces situations de nouvelles menaces peuvent être analysées au cas par cas.

5. La délégation de la société civile a enfin soulevé la difficulté d'obtention des titres de voyage pour les réfugiés burundais au Rwanda et dans d'autres pays. Le HCR a promis de discuter la question avec les autorités de ces pays pour trouver une solution, quand des réfugiés ont réellement besoin de voyager.

La rencontre s'est très bien déroulée et la promesse de maintenir le contact a été exprimée.

mardi 19 septembre 2017

Genève : La Commission d'enquête sur le Burundi a présenté son rapport

Le dialogue interactif sur le #Burundi vient de s'achever au Conseil des droits de l'homme à Genève. Le président de la Commission indépendante d'enquête (COI-Burundi) a présenté les grandes lignes de son rapport et indiqué que le rapport détaillé de 233 pages se trouve désormais en ligne sur http://www.ohchr.org/…/CoI…/Pages/CoIBurundiReportHRC36.aspx Encore une fois, il a appelé la Cour Pénale Internationale à ouvrir dans les plus brefs délais son enquête sur les crimes commis au Burundi depuis avril 2015, au regard de la gravité des crimes constatés par la Commission et du fait que le Burundi n'a ni la volonté ni la capacité de poursuivre des crimes du droit pénal international.



Dans son intervention, l'Ambassadeur du Burundi n'a répondu à aucune allégation soulevée par la Commission. Il a continué le discours gouvernemental de rejet de la CPI, du déni, de la souveraineté nationale et des rappels des crimes des décennies passées. Le Président de la CNIDH, Jean-Baptiste Baribonekeza, à son tour, n'a fait que répéter des messages gouvernementaux de rejet de la CPI.

Au moins 34 Etats se sont exprimés au cours de ce dialogue interactif dont quatre pays africains (Soudan, Rwanda, Tchad et RDC). Au moins 29 Etats ont exprimé leur soutien à la Commission ou leur vive préoccupation face à la gravité des violations des droits humains au Burundi. Nombre de pays ont appelé au renouvellement du mandat de la COI-Burundi et soutenu l'appel à l'ouverture de l'enquête de la CPI ou à la fin de l'impunité au Burundi. L'attaque du bureau de l'Office du Commissariat aux Droits de l'Homme à Bujumbura ainsi que le carnage des réfugiés burundais à Kamanyola en RDC ont soulevé l'indignation des pays. La répression continue contre la société civile, les défenseurs de droits humains, la presse et l'opposition reste un sujet de préoccupation de beaucoup de pays. Le Rwanda qui a accueilli plus de 80.000 réfugiés burundais s'étonne que les autorités continuent à affirmer que les burundais fuient la paix qui serait totale sur tout le territoire du Burundi. Cinq pays (Russie, Iran, Corée du Nord, Venezuela et RDC) ont dénoncé la "politisation" du Conseil des droits de l'homme mais aucun pays n'a rejeté le contenu du rapport de la COI. Dans une déclaration très brève la Chine a rappelé qu'elle soutenait le processus du dialogue inter-burundais. Alors qu'une délégation conduite par Martin Nivyabandi et Willy Nyamitwe avait tenté de convaincre le groupe africain le weekend dernier, seuls quatre pays africains ont pris la parole, deux d'entre eux ont pris des positions proches des autorités burundaises sans rejeter le contenu du rapport.

Une forte délégation de la société civile burundaise est présente à Genève pour soutenir le rapport de la COI-Burundi et plaide pour le renouvellement de son mandat ainsi que la suspension du Burundi du Conseil des droits de l'homme. La société civile et plusieurs ONG internationales demandent la fin de l'impunité au Burundi et soutiennent l'ouverture d'une enquête de la CPI.

Délégation de la société civile : Pacifique Nininahazwe, Vital Nshimirimana, Carine Kaneza, Armel Niyongere, Marie-Louise Baricako, Richard Nimubona, Alexandre Niyungeko, Lambert Nigarura, Pierre-Claver Mbonimpa


Une ONG pro-Nkurunziza, le CIRID, a fait une surprise en se faisant représenter par Jacques Bigirimana, chef du FNL gouvernemental, qui comme d'habitude a craché sur la COI, l'Occident et le système onusien. La question est restée sur toutes les lèvres: depuis quand Jacques Bigirimana représente des ONG?

La suite est une discussion sur un projet de résolution préparé par l'UE. La résolution sera soumise au vote du Conseil avant la fin de cette 36ème session (donc avant la fin de ce mois).

lundi 18 septembre 2017

Panique dans la maison CNDD-FDD après le rapport des Nations-unies

Les autorités burundaises adoptent un argumentaire de panique pour répondre au rapport de la Commission indépendante d'enquête. Au lieu de répondre à chacune des allégations contenues dans le rapport, les autorités n'expriment que la peur d'être traduites devant la CPI. Insultes, menaces, messages de haine, un faux nationalisme, une irrationalité totale confondant Dieu au CNDD-FDD et le diable à l'Occident; voilà le contenu des arguments de la clique Nkurunziza contre un rapport bien fouillé et bien précis. Quand on les écoute, on n'entend qu'un son : "au secours, nous sommes foutus!"

De tout le rapport, les autorités semblent avoir lu une seule phrase: "la Commission demande donc à la Cour pénale internationale d’ouvrir dans les plus brefs délais une enquête sur la situation au Burundi depuis avril 2015". Elles n'ont pas lu le plus important: "la Commission est en mesure de confirmer la persistance d’exécutions extrajudiciaires, d’arrestations et de détentions arbitraires, de disparitions forcées, de tortures et traitements cruels, inhumains ou dégradants, et de violences sexuelles depuis avril 2015 au Burundi". Ainsi donc, les autorités burundaises ne nient pas la persistance de ces crimes graves et ne s'engagent pas à les arrêter.

Cinq principaux arguments reviennent dans les communications de Willy Nyamitwe, d'Evariste Ndayishimiye, de Valentin Bagorikunda, de Sylvestre Nyandwi, de Jean-Baptiste Baribonekeza, et de pas mal d'autres communicants du régime:

1. L'histoire du Burundi et les crimes du passé. On lui parle de crimes bien précis sur une période bien précise, le pouvoir de Bujumbura répond que de nombreux crimes similaires ont été commis depuis l'indépendance du Burundi et n'ont pas été punis. Le régime Nkurunziza oublie que l'Accord d'Arusha a prévu des mécanismes pour traiter les crimes du passé et que le même régime les a bloqués. Avec un tel argument, Nkurunziza et le CNDD-FDD s'accusent eux-mêmes : ils sont en train de revendiquer le droit de tuer, de torturer, de faire disparaître des gens, d'arrêter arbitrairerement des citoyens et de violer les femmes en toute impunité comme l'auraient fait leurs prédécesseurs ! Ainsi donc, ils confirment eux-mêmes les allégations de la Commission.

2. Les limites du rapport de la commission d'enquête. Les communicants du régime de Bujumbura ne cessent de rappeler que la commission n'aurait interrogé qu'une partie et ne s'est pas rendu au Burundi. Inimaginable comme argument pour un régime qui a refusé toute collaboration avec la commission d'enquête. Curieusement certaines autorités, comme l'ambassadeur du Burundi en Turquie, ont informé que le régime a envoyé des informations à la CPI sur les crimes de l'opposition et ne comprenent pas pourquoi la commission d'enquête n'a pas tenu en considération ces informations. Une aberration: les autorités ne reconnaissent plus la CPI mais lui envoie des informations sur l'opposition, ne collabore pas avec la Commission mais lui demande d'utiliser les informations envoyées à un autre organe ! Ici encore le régime Nkurunziza confirment qu'il a commis des crimes graves mais se désole que l'opposition ne serait pas également épinglée.

3. La justice burundaise peut poursuivre tous ces crimes. Le rapport a montré clairement la soumission de la justice burundaise à l'exécutif. Des milliers de burundais sont victimes depuis deux ans et cinq mois des crimes graves évoqués dans le rapport, mais c'est après la publication du rapport que les communicants du régime évoquent la possibilité de poursuites des crimes par la justice burundaise. Entretemps, les mêmes crimes se poursuivent et la réaction de la justice reste la même depuis avril 2015. Ici également, le régime Nkurunziza confirme les allégations du rapport et s'accuse: la justice burundaise "peut" poursuivre ces cas mais n'a rien fait ! En insistant sur la justice burundaise, Nkurunziza dit: "laissez-moi dans les mains d'une justice que je contrôle !" Sinon, il dirait : "je ne m'accuse de rien, amenez votre CPI, elle ne trouvera rien."

4. Le néo-colonialisme, le panafricanisme. Les mots "colonisation", "colons", "les blancs" reviennent tout le temps dans l'argumentaire du régime. Le régime se met dans une lutte contre la colonisation. Pourtant le rapport parle des burundais victimes des atrocités commises par les agents de l'Etat et coordonnées par les plus hauts dirigeants du pays à travers une chaine de commandement parallèle. Ce ne sont pas des crimes sur des blancs, ce sont des crimes sur des burundais. Bien plus, on n'oublie que la Commission d'enquête est majoritairement africaine: deux membres sur trois sont africains et connaissent mieux que quiconque les mécanismes africains de protection des droits humains. Son président, Professeur Fatsah Ougouergouz, est un algérien ancien vice-président de la Cour Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples. Un deuxième membre, Madame Reine Alapini Gansou, est originaire du Bénin et a présidé la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples dont elle est toujours commissaire. Seule Madame Françoise Hampson est non africaine, elle est d'origine britannique. Si une telle commission n'a pas recommandé la saisine des mécanismes africains, elle l'a fait en connaissance de cause, elle connaît leurs faiblesses. En cherchant à noyer sa responsabilité par un discours nationaliste et panafricaniste de mauvais goût, le régime Nkurunziza s'accuse et se ridiculise: on ne fait pas honneur à sa Patrie et à l'Afrique en martyrisant son peuple. Nkurunziza est un ennemi de la dignité africaine en réconfortant les arguments de ceux qui insultent l'Afrique: il est le bel exemple de tous les clichés sur les noirs et l'Afrique. Pour notre dignité, nous devons plutôt nous désolidariser avec des régimes irresponsables et criminels.

5. Dieu et diable. Les arguments les plus irrationnels ont été avancés ce weekend par Evariste Ndayishimiye, président du CNDD-FDD. Pour lui, "le CNDD-FDD a été créé par Dieu et le combattre c'est combattre Dieu", les occidentaux sont des diables et Dieu va les exterminer, les 228 policiers de l'ONU seront anéantis en deux heures s'ils foulent le sol burundais, l'acceptation du rapport de la COI-Burundi sera le début de la destruction de l'ONU, les Nations-unies ne soutiennent que des pouvoirs criminels, etc. "Voyez-vous vraiment la CPI se saisir des dirigeants du CNDD-FDD?" "Le moment est venu de chasser ces démons...Je sais que Dieu aime les burundais plus que les européens, la preuve ces blancs sont des voleurs, ce sont des démons", "nous avons Dieu et des anges qui les détruiront".
Bref, panique dans la maison CNDD-FDD. Un discours de panique qui confirme plutôt les conclusions du rapport.

La seule chose qui reste à la communauté internationale, en face de dirigeants autant irrationnels, c'est de soutenir le rapport de la COI-Burundi et d'arrêter le plus urgemment possible la commission des crimes contre l'humanité au Burundi. Si la CPI ne poursuit pas les crames graves en cours au Burundi, je ne vois pas pour quelle raison elle existerait encore !

jeudi 14 septembre 2017

Burundi : Où est Léopold Habarugira ?

Léopold Habarugira, cadre du parti d'opposition UPD-Zigamibanga
Où est Léopold Habarugira, Trésorier du parti d'opposition UPD-Zigamibanga? Un jour après son enlèvement, il y a lieu de s'inquiéter. La police dit qu'elle ne connaît pas le cas et qu'elle attend une plainte de la famille, la même réaction avait existé après l'enlèvement du journaliste Jean Bigirimana en juillet 2016 et le journaliste n'a jamais été retrouvé.

Selon une source, Léopold Habarugira était rentré au pays trois jours plus tôt. Alors qu'il séjournait en Tanzanie, il aurait reçu des informations qu'il était recherché. Il se serait alors adressé à Sylvestre Ndayiziye, chef de la milice Imbonerakure, pour se rassurer s'il n'était pas en danger. Sylvestre lui aurait conseillé: "plutôt viens vite pour qu'ils ne pensent pas que tu t'accuses de quelque chose". Ce mardi matin, 12 septembre 2017, Léopold Habarugira et son épouse ont déposé leurs enfants à l'école "La Clairière" et y ont laissé leur véhicule. Puis ils ont fait une marche à pied sur la route vers l'Université Lumière de Bujumbura à Mutanga Nord. A quelques mètres de l'université, le couple a été stoppé par une voiture noire aux vitres teintées. A son bord se trouvaient quatre personnes dont une en tenue de police et armée. Les quatre personnes ont rapidement saisi Léopold Habarugira et l'ont emmené dans leur véhicule. Les appels au secours de la victime, de son épouse et des passants n'ont pas empêché cet enlèvement.

De manière surprenante, la police a rapidement réagi pour annoncer qu'elle ne savait rien de ce cas et qu'elle attendait une plainte de la famille. Une telle déclaration de la police burundaise ne peut qu'inquiéter, la vie de Léopold Habarugira est réellement en danger.

Léopold Habarugira avait déjà échappé à une tentative d'assassinat le 1er avril 2016. Le président de l'UPD Zedi Feruzi a été assassiné en mai 2015, son porte-parole Patrice Gahungu a été abattu en septembre 2015.

mercredi 13 septembre 2017

Burundi : Disparition forcée de Boris Sinagaye, un jeune de Musaga

Deux jeunes de Musaga, Boris Sinagaye et Derrick Banzubaze ont été arrêtés le 23 mars 2016 par le chef de la PAFE à Ruhwa en commune Rugombo et province de Cibitoke. Remis au BPP1 Désiré Nimbona, brigadier de corps au poste de la police à Rugombo, les deux jeunes ont été détenus dans la journée au cachot communal de Rugombo. Dans la soirée, ils ont été sortis du cachot et conduits au bureau du SNR à Cibitoke par Jovith Butoyi, alors chef provincial du SNR à Cibitoke (actuellement affecté à Rutana). La même nuit, Jovith Butoyi les aurait transférés au SNR à Bujumbura. Curieusement, Boris Sinagaye n'a jamais été retrouvé, seul Derrick Banzubaze a été présenté au Procureur le 05 avril 2016 et écroué à la prison centrale de Mpimba. Jovith Butoyi n'a jamais voulu s'exprimer sur le sort de Boris Sinagaye, aucune autorité burundaise ne veut fournir la lumière, la justice burundaise n'a organisé aucune poursuite de cette disparition forcée.

En plus d'une longue recherche infructueuse de leur fils dans les cachots officiels, la famille de Boris Sinagaye a été rançonnée par un officier de la police nationale et un employé du SNR qui promettaient de faciliter la libération de Boris Sinagaye ou de lui fournir de la nourriture là où il serait détenu au SNR. La famille a fini par apprendre que Boris Sinagaye n'était pas au SNR. Où est-il depuis la nuit du 23 au 24 mars 2016 ? Deux hypothèses circulent: soit Boris a été exécuté au cours de son transfert à Bujumbura, soit il a été achevé au cours de la torture à Bujumbura. Le Focode Asbl n'est en mesure de confirmer aucune de ces hypothèses. Rongée par le chagrin, la maman de Boris Sinagaye a succombé à la fin de juillet 2017.

30 ans, Boris Sinagaye était un garçon très sympathique, calme, réservé, paisible et très gentil. A la fin de ses études secondaires, il n'avait pas pu aller à l'université à cause de déficiences oculaires. Entretemps, il s'était converti en photographe-cameraman des évenements familiaux. Il a été arrêté alors qu'il se rendait au Rwanda pour des soins ophtalmologiques. Il espérait reprendre ses études juste après. Boris Sinagaye ne militait dans aucun parti politique.

La disparitions forcée de Boris Sinagaye est une illustration du constat fait récemment par le rapport final de la Commission indépendante d'enquête sur le Burundi: "les conditions d’arrestation et de détention au Burundi favorisent les disparitions forcées. La Commission a reçu plusieurs témoignages faisant état de personnes ayant disparu après avoir été appréhendées par des membres du service national de renseignement et/ou de la police (…). Dans certains cas, des membres du service national de renseignement ou de la police ont demandé des rançons aux proches des personnes disparues."


FOCODE demande la traduction en justice de Jovith Butoyi et de toute autre personne qui aurait joué un rôle dans cette disparition forcée dont:
- Le chef de poste de la PAFE à Ruhwa au 23 mars 2016 ;
- Monsieur Jean-Baptiste HABUMUREMYI alias « Mpagaze », chef de poste de la police à Rugombo au 23 mars 2016 ;
- BPP1 Désiré NIMBONA , brigadier de corps au poste de la police de Rugombo ;
- L' officier de la police nationale et l'employé du SNR qui auraient rançonné la famille de Boris Sinagaye en promettant de le nourrir et de faciliter sa libération.

Trouvez l'intégralité de l'enquête NDONDEZA sur la disparition forcée de Boris Sinagaye sur le lien http://ndondeza.org/boris-sinagaye/

dimanche 3 septembre 2017

Les propos choquants et inadmissibles de Christina Nina Niyonsavye


Il y a des mots qu'on ne devrait jamais utiliser, même pour défendre un régime sanguinaire comme celui de Nkurunziza.

Les mots de Madame Christine Nina Niyonsavye, Ambassadrice du Burundi à Paris, le 30 août 2017 sur France 24, sont choquants. Le monde entier pensait aux victimes des disparitions forcées, le Burundi en compte entre 800 et 1200 depuis avril 2015 selon la FIDH. Nombre de dirigeants actuels sont des orphelins dont les parents ont également disparu en 1972. La disparition forcée est un drame terrible pour les familles des victimes. C'est comme "un assassinat d'un proche, renouvelé chaque jour et chaque nuit" me disait récemment Iradukunda Hortence dont le frère a disparu depuis le 26 décembre 2015.


Je n'ai pas le courage de commenter les mots de Madame Christine Nina Niyonsavye. Je peux juste les retranscrire ici:

"Évidemment en ce jour où on parle des disparitions forcées, c'est vrai qu'on reviendra sur certains noms qui ont été donnés au Burundi comme des disparitions forcées; et de ma part je pense que l'on compatit lorsqu'on n' arrive pas à retrouver une personne qu'on aime ou qu'on a dans la famille que ce soit la famille, que ce soit le pays, que ce soit tout le monde. On compatit de la disparition, de ne pas pouvoir retrouver un individu. Mais parfois on ne sait pas exactement quels sont les motifs de disparition. Comment cette personne est partie? Parce que ce n'est pas seulement le fait de dire qu'ils ont disparu par le fait du gouvernement ou de la gouvernance ou des institutions de l'Etat, mais il y a parfois des personnes qui disparaissent de manière volontaire, qui partent et on ne les retrouve pas, et plus tard, des années plus tard on les retrouve soit dans d'autres pays quand ils ont changé de nom, quand ils ont décidé d'eux-mêmes de disparaitre."

Il y a une année environ, Irina Inantore se moquait des opposants qui fuient le Burundi et invitait ceux qui restent à se suicider. Quelques mois plus tôt, sans aucune expérience et en quelques semaines d'intervalles, elle avait été nommée Ministre du Commerce, Directrice à la SOCABU puis juge à la Cour Constitutionnelle. Celle qui se moquait des exilés est en ce moment dans un processus de demande d'asile au Canada... Il y a juste quelques mois, la "députée" Lydia Irakoze se moquait de ceux qui dénoncent les violations des droits humains et alertent sur le risque de génocide au Burundi, depuis quelques semaines elle vit dans la peur depuis l'emprisonnement de son mari, un tout puissant milicien Imbonerakure Kiki Gahomera... Aujourd'hui elle commence à comprendre le sens des mots "droits de l'homme". Des cas similaires sont légion. Je ne souhaite pas à Christine Nina Niyonsavye d'apprendre par expérience le drame des disparitions forcées.

Non Madame, Jean Bigirimana n'est pas en vacances dans d'autres pays où il aurait changé de nom. Non madame, vos propos sont honteux !

samedi 2 septembre 2017

Gerard Ndayisenga, le bourreau de Muyinga


Sous des airs de paysan débonnaire se cache un homme brutal et cruel. Le chef du SNR en province de Muyinga a fait parler de sa cruauté cette semaine à Gitega où réside sa famille . Après avoir fait coucher par terre un groupe de manoeuvres qui déchargeaient un camion lundi soir, il n'a pas hésité à tirer à bout portant sur l'un d'entre eux. La victime est hospitalisée selon les média.

Gérard Ndayisenga n'était pas à son premier coup. Son nom revient souvent dans des informations envoyées à la Campagne Ndondeza. En octobre 2015, il a fait sortir d'un bus de transport près du Bar Iwabo w'Abantu, Eric Niyungeko, un des responsables du MSD à Karuzi. Il l'amena à bord de sa camionnette et ce fut la dernière trace d'Eric. L'enquête menée par le FOCODE indique que le prévenu Renovat Nimubona (ancien policier de la garde présidentielle arrêté en août 2015 dans le dossier Adolphe Nshimirimana) aurait été tué à coups de clé de roue dans la tête par Gérard Ndayisenga en décembre dernier. La veille, la police avait annoncé l'évasion du prisonnier Renovat Nimubona et, le lendemain, que des tirs d'un codétenu l'avaient atteint. Pourtant son cadavre était ligoté quand il a été découvert le matin par des passants dans la vallée entre les quartiers Mushasha et Shatanya à Gitega.


Gérard Ndayisenga (veste) et Gaston Sindimwo (chapeau)
La cruauté de Gérard Ndayisenga est devenue publique en janvier 2017 quand il a torturé des militaires de Mukoni avec la tête décapitée de leur collègue Adjudant François Nkurunziza. L'adjudant Nkurunziza, sous-officier administrateur du Camp Mukoni, avait été arrêté dans la journée, torturé et décapité avant d'être enterré le 25 janvier dans une fosse commune avec d'autres suppliciés de Mukoni.

Au centre-ville de Gitega, Gérard Ndayisenga est plutôt connu comme un éleveur de plusieurs types de bétails. Certains le disent très généreux, il offrirait beaucoup de cadeaux aux autorités qui lui rendent visite comme sur la photo avec Gaston Sindimwo. D'autres le disent très méchant. Au niveau de Ndondeza, nous recevons beaucoup de témoignages et de messages qui évoquent des noms de ses victimes. Il semble qu'il a été dans la répression des opposants au troisième mandat de Nkurunziza dans plusieurs provinces du pays: Gitega, Karuzi, Cankuzo, Bujumbura, Kayanza, Muyinga, etc. Technicien agricole de formation, Gérard Ndayisenga ferait très peur en tenue de police. Il le sait et il le cultive. Un homme plutôt impitoyable, assuré d'impunité, au service de Pierre Nkurunziza.

mercredi 30 août 2017

FOCODE participe à la journée internationale des victimes de disparitions forcées

30 août 2017. Journée Internationale des Victimes de Disparitions Forcées. Semaine NDONDEZA.

 
Une pensée spéciale à:
 
- Christa Benigne Irakoze et Eddy Ndayisaba arrêtés à Rubirizi le 29 décembre 2015 par le Lieutenant-colonel Darius Ikurakure;
- Albert Dushime arrêté à Kirundo le 21 novembre 2015 par le Commissaire Provincial de la Police de Kirundo;
- Bernard Baranjoreje, responsable du MSD enlevé à Kigobe le 19 janvier 2016 par des agents du SNR;
- Hugo Haramategeko, président du parti NADEBU, enlevé par la garde du Général Gervais Ndirakobuca à Mutakura le 09 mars 2016;
- Rémy Matabura enlevé à Mugamba le 17 avril 2016 par des éléments des personnes en tenue de la Police;
- Eric Niyungeko, responsable du MSD, enlevé à Bujumbura le 31 octobre 2015 par l'officier du renseignement Gérard Ndayisenga;
- Clovis Ntukamazina et Emmanuel Kamana arrêtés à Kinindo le 21 octobre 2015 par le Commissaire Désiré Uwamahoro (alors commandant de la Brigade anti-emeute);
- Nestor Ndayizeye, chef élu de la Colline Kiyonza, arrêté à son bureau de Kiyonza (Kirundo) le 02 octobre 2015 par l'officier du SNR Joseph-Mathias Niyonzima alias Kazungu;
- Ernest Nimbona arrêté à Buringa le 31 octobre 2015 (après l'attaque d'un convoi funéraire par la police) par des éléments de la BAE de désiré Uwamahoro;
- Jimmy Nimbonera, arrêté à Mubuga (Bururi) le 29 juin 2016 par le sous-commissaire provincial de la Police à Bururi Jean-Gentil Nizigiyimana et le Gouverneur de Bururi Christian Nkurunziza;
- Adjudant Philibert Nduwamungu, Adjudant-major emmanuel Nahayo et Caporal Ndereyimana enlevés à Kamenge le 19 mai 2016 par la garde de Joseph-Mathias Niyonzima;
- Policier Alexis Manirakiza alias Kabila arrêté à Cibitoke le 21 janvier 2016 par un groupe de militaires et de policier conduits par l'adjudant Alexis Ndayiragije et le policier Juma de Cibitoke;
- Frères jumeaux Bukuru Shabani et Butoyi Shabani enlevés à bwiza et Rohero par un policier de l'API le 27 novembre 2016;
- Augustin Hatungimana alias Tarpon, responsable de la jeunesse du MRC-Rurenzangemero, enlevé à Cibitoke le 09 décembre 2015 par l'officier du SNR Joseph-Mathias Niyonzima;
- Alexis Ngabonziza, Ferdinand Havyarimana et caporal-chef Ernest Ndayizeye enlevés à l'Etat-major général de l'armée le 06 juillet 2016 par des éléments du Bureau Renseignement de l'Etat-major général de la FDN;
- Savin Nahindavyi, officier du SNR, enlevé à son service au quartier général du SNR, le 1er Mai 2016 par des éléments du département de la documentation intérieure au SNR;
- Adjudant Alexis Hakizumukama, sous-officier infirmier au Camp Bururi, arrêté à Mutakura le 22 décembre 2015 par le Capitaine Prudent Ntazimana;
- OPC2 Jérôme Ndikuriyo, officier supérieur de la Police Nationale, enlevé à Kamenge le 26 mai 2016 par l'officier du SNR Joseph-Mathias Niyonzima selon une enquête Ndondeza;
- Albert Kubwimana, un élève du secondaire qui révisait ses cours, enlevé chez lui à Cibitoke le 22 octobre 2015 par le brigadier Jonas Ndabirinde, un sous-officier de la garde présidentielle;
- OPP2 Simon Masumbuko, officier de la Police nationale, enlevé à Kobero le 27 mars 2016 par des éléments du SNR;
- Armand Nsabimana alias Nkokero, ancien officier de l'armée burundaise, arrêté à Musaga le 24 juin 2016 sur ordre du Major Jean de la Croix Ntibagwiga (chef de poste position Ecossat) et conduit après torture à une destination inconnue par le major Pascal Minani alias Mababa (Commandant du Camp Muha);
- Belyse Ntakarutimana, militante du MSD, arrêtée à Mutakura le 16 janvier 2016, par le capitaine Prudent Ntazimana;
- Adjudant Hippolyte Nzitonda, greffier au Conseil de guerre, enlevé à Mutakura le 03 juin 2016 par des personnes en tenue de la Police;
- Adjudant-major Déo Ndagijimana alias Kibamba, enlevé le 17 février 2016 après des menaces de mort proférées par le Colonel Ignace Sibomana, G2 à l'Etat-major général de l'armée;
- Caporal Placide Mpawenayo enlevé à Kamenge le 04 avril 2016 alors qu'il avait rendez-vous avec le 1er sergent major Ndayishimiye du camp Muzinda;
- caporal-chef Vincent Kwizera enlevé à Kamenge le 14 décembre 2015 par des personnes en tenue de la Police Nationale;
- Alain-Joseph Kadada enlevé à Kamenge le 03 janvier 2016 par l'officier du SNR Joseph-Mathias Niyonzima;
- Pacifique Birikumana, chauffeur à l'Economat Général du diocèse catholique de Ngozi, enlevé à Ngozi le 08 avril 2017 par des Imbonerakure et des élements du SNR-Ngozi;
- Aimé-aloys Manirakiza et Eddy Uwimana, deux miliciens Imbonerakure arrêtés à Kanyosha le 25 mai 2017 par le Brigadier Jonas Ndabirinde de la garde présidentielle;
- Alexis Nkunzimana et Emelyne Ndayishimiye (couple) enlevés les 07 et 08 décembre 2015 à Bujumbura par des éléments de l'API et du SNR;
- Evariste Nyandwi alias Matwi, riche homme d'affaires de Rutana, enlevé à Rutana le 30 décembre 2016 par des éléments du SNR Rutana et de la garde présidentielle;
- Honorable Oscar Ntasano, ancien parlementaire et hommes d'affaires, enlevé à Bujumbura le 20 avril 2017 par des éléments liés à la garde présidentielle;
- Adjudant François Nkurunziza arrêté à Muyinga le 24 janvier 2017 (et serait exécuté) sur ordre du G2 Colonel Ignace Sibomana et sous la supervision de Gérard Ndayisenga, responsable du SNR à Muyinga;
- Boris Sinagaye arrêté à Rugombo le 23 mars 2016 et remis à Jovith Butoyi, alors repsonsable du SNR à Cibitoke;
- Jasper Arakaza, enlevé à Kamenge le 26 décembre 2015 par Emmanuel Niyongabo, alors administrateur de la Commune Cibitoke;
- Jean Bigirimana, Marie-Claudette Kwizera et plusiers centaines d'autres personnes arrêtés par le SNR, la police, l'armée et les imbonerakure depuis avril 2015 et qui n'ont jamais été retrouvés.
 
 
Incroyable mais vrai, une honte nationale: des citoyens arrêtés par des organes de l'Etat qui deviennent introuvables et l'Etat qui reste muet !

Dans le cadre de la célébration de la journée internationale des victimes de disparitions forcées, le Focode Asbl organise à partir d'aujourd'hui une semaine de communications sur ce phénàmène au Burundi. Des messages en mémoire des victimes, un rapport sur les auteurs des disparitions forcées, une lettre à la CPI, des rapports d'enquête sur les disparitions forcées meubleront cette semaine.

Le FOCODE plaide pour l'ouverture rapide de l'enquête de la CPI sur les crimes contre l'humanité en cours au Burundi depuis avril 2015.

Sur le lien http://ndondeza.org/category/rapports-ndondeza/ visitez les rapports de la Campagne Ndondeza contre les disparitions forcées au Burundi.