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Une fin d'année 2018 difficile pour les militants d'Agathon Rwasa

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#Ndondeza Au moins six militants du parti FNL dirigé par Agathon Rwasa et un militaire ex-FNL ont été victimes de disparitions forcées entre fin septembre et décembre 2018. Deux victimes, Sylvain Magorwa et Jean-Marie Vianney Nshimirimana ont disparu au lendemain de leur retour d'exil, croyant à l'appel lancé par Pierre Nkurunziza aux réfugiés burundais de rentrer au bercail. Deux victimes ont disparu après leur arrestation par le chef du Service National de Renseignement en province Cankuzo, Bonaventure Niyonkuru, qui s'est particulièrement illustré dans la traque des militants du FNL sur cette période. Parmi les victimes, on compte également deux élus locaux de la commune Muha et un militaire attaché à l'Etat-major général de l'armée. Comme d'habitude, ces disparitions forcées ont été suivies du silence et de l'inaction des autorités burundaises.
Sylvain Magorwa, 38 ans, enseignant à l'ECOFO Gikonko, militant de langue date des FNL, avait fui le Burund…

Disparition forcée de cinq militants du MSD à Ruvumera

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#Ndondeza Benius, Bonaventure, Egide, Lionel et Emmanuel. Deux frères, des cousins, tous originaires de Mirama dans la zone Muyira en commune Kanyosha, arrêtés à Ruvumera le 02 mars 2018, introuvables depuis quatre mois. Ils étaient des forgerons et vendaient leurs produits à Ruvumera dans la zone urbaine de Buyenzi. Ils étaient aussi des membres du parti MSD, ils avaient manifesté à Muyira contre le troisième mandat de Pierre Nkurunziza. Ils étaient très jeunes: Benius le plus âgé avait 39 ans, Lionel le plus jeune avait 22 ans. Ils formaient une famille solidaire, ils rayonnaient de joie et d'optimisme, ils étaient l'espoir des leurs.
Vendredi 02 mars 2018, vers 16 heures, les frères Bonaventure et Benius ont reçu une proposition intéressante d'un "ancien ami". Fabrice alias Brice leur proposait de faire un tour de la ville dans sa voiture, pour fêter le début du week-end. Tout joyeux de retrouver leur "ami", ils ont proposé de passer à leur atelier de…

Burundi: Disparition forcée de l'opposant Sadiki Bamporubusa

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On le surnommait "Simple". Sadiki Bamporubusa était réputé pour son calme et son bon voisinage. Il vivait de son métier de couturier et résidait à Bwiza. Il avait efficacement servi la rebellion du CNDD-FDD, notamment sur le plan de la logistique, et s'était lié d'amitié avec les tenors du parti. Après le limogeage de Hussein Radjabu en 2007, Sadiki Bamporubusa avait quitté le parti au pouvoir et adhéré à l'UPD-Zigamibanga. En 2015, il figurait sur la liste des candidats députés de son parti pour la province de Bujumbura (dit rural). Il n'a pas participé aux manifestations de 2015 mais, dans sa "simplicité", il était farouchement opposé au troisième mandat de Pierre Nkurunziza.

Le 27 juillet 2016, alors qu'il rentrait de l'enterrement de son ami, Sadiki Bamporubusa a été intercepté sur la 2ème avenue à Bwiza et arrêté brutalement (pour ne pas dire enlevé) par un groupe de policiers qui, selon des témoins, étaient sous le comman…

Disparition forcée de Serge Ntakirutimana

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Sa passion, c'était la jeunesse. L'éducation des jeunes. Serge Ntakirutimana ne se reposait pas le weekend, il préférait assurer des cours de renforcement aux élèves finalistes du Lycée communal de Rukaramu. C'est au retour de cette noble mission que l'enseignant Serge Ntakirutimana a été brutalement arrêté le samedi 31 octobre 2015 vers 13 heures, tout près de l'aéroport international de Bujumbura.
Aux côtés de ses élèves, Serge Ntakirutimana rentrait chez lui. Il ne savait pas qu'un drame s'était déroulé sur la route Bujumbura-Bubanza, tout près de Buringa, une heure plus tôt. La police avait tiré sur un convoi funéraire, beaucoup de jeunes venant d'un anterrement de leur collègue avaient été tués, blessés par balles, arrêtés. En passant, Serge a remarqué qu'un jeune voisin de Cibitoke était torturé par des policiers, il a pris son téléphone pour alerter la famille du voisin. Ce geste lui fut fatal. Brutalement arrêté, il aurait été remis au chef d…

Burundi: Disparition forcée de Jean-Paul Gahungu

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Jean-Paul Gahungu vivait avec un handicap dans sa jambe gauche, il avait une prothèse et portait un soulier spécialisé. Ses ravisseurs n'ont pas hésité à le brutaliser au moment de l'enlèvement le 08 décembre 2016, en face de sa résidence dans la zone urbaine de Kinindo. Quelques jours avant cet enlèvement, Jean-Paul commençait à s'inquiéter que son téléphone aurait été mis sous écoute par le SNR; il gérait une maison de massage et relaxation (Sauna/Spa) sise à Kinindo et appartenant à un exilé présumé proche du Général Cyrille Ndayirukiye. Le matin du 08 décembre 2016, il s'était plaint du harcelèment d'un nombre d'appels téléphoniques par un numéro masqué. Après analyse de l'historique des appels, le FOCODE a découvert que l'un de ces numéros appartenait à un détenu à la prison centrale de Mpimba.Le même matin, des témoins auraient remarqué des allers-retours autour de son domicile d'un officier du Service national de renseignement prénommé "…

Burundi : Disparition forcée du policier Gaston Cishahayo

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Il s'appelle Gaston Cishahayo, il est brigadier (sous-officier) au commissariat provincial de la police à Muramvya. Depuis le soir du 19 octobre 2017, depuis un mois donc, il est introuvable. Cela n'inquiète pas les autorités de la police burundaise qui restent complètement muettes. Avant d'intégrer la police burundaise, Gaston Cishahayo était du FNL d'Agathon Rwasa.
Le soir du jeudi 19 octobre 2017, Gaston Cishahayo partageait un verre avec un ami venu de Bujumbura et le chef provincial du SNR à Muramvya, Rémy Mutabazi Misigaro, au bar "Kumuhora" sis à Bugarama. Autour de 21 heures, le brigadier serait sorti du bar pour acheter des crédits de son téléphone; il aurait été suivi immédiatement par Rémy Mutabazi Misigaro et ce fut la dernière trace du policier Gaston Cishahayo. Ce soir-là, il n'est pas rentré chez lui au chef-lieu de Muramvya. Le lendemain matin, des textos venant de son téléphone et adressés à des proches ou aux collègues annonçaient qu'…

Burundi : Disparition forcée de Monsieur Dieudonné Gahungu

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Dieudonné Gahungu. 43 ans, marié et père de deux enfants, technicien employé à l'Office national des télécommunications ONATEL. Il avait osé quitter le CNDD-FDD en 2010 pour adhérer au FNL d'Agathon Rwasa. Pour le CNDD-FDD, c'était une grave trahison, Dieudonné en a payé par des mutations intempestives, loin de sa famille, à Kayanza et Kirundo avant de revenir à Ngozi. En 2015, il était sur la liste des candidats députés de la Coalition Amizero y'Uburundi à Ngozi; il n'a pas été retenu pour siéger à Kigobe, il est resté technicien de l'ONATEL à Ngozi.
Dès janvier 2016, il a informé ses proches et ses amis qu'il était gravement menacé par l'administrateur de Ngozi Radjabu Songambere et qu'il était constamment filé par des agents du SNR. Depuis, il avait adopté des règles de sécurité strictes: il devait rentrer à la maison entre 17 heures et 18 heures, tantôt sur sa moto de service tantôt à pieds.
Le 17 juin 2016, il a vaqué normalement à ses occupation…