jeudi 19 janvier 2017

Burundi: Retrait des troupes de Somalie? Nkurunziza dans le piège de son chantage!

#Bujumbura se trahit dans la visite de l'Ambassadeur Smail Chergui au #Burundi. La menace de retrait des troupes en #Somalia n'est qu'un leurre. Nkurunziza compte énormément sur cette mission pour tenir encore pendant quelques temps.



Première surprise. Le commissaire de l'Union Africaine le plus honni par le régime Nkurunziza est accueilli avec égards et honneurs militaires. Qui peut encore compter les anciens tweets de Willy Nyamitwe insultant l'Ambassadeur Smail Chergui ? Pourtant hier soir le Commissaire Paix et Sécurité de l'UA était chaleureusement accompagné de son frère Aimé Nyamitwe, du redouté #Mutama 2 (Gen. Bunyoni), d'un autre ministre de Nkurunziza ainsi des généraux Prime Niyongabo et André Ndayambaje. Tout ça pour l'homme derrière #MAPROBU ? C'est dire toute l'importance accordée à sa visite. Nkurunziza a désormais peur que l'UA et l'UE lui répondent : "nous prenons acte de ta volonté de faire rentrer vos troupes, discutons alors du calendrier ! "

Deuxième surprise : le symbole ! Des burundais avaient été choqués par l'absence de Nkurunziza aux obsèques du Général-major Juvenal Niyoyunguruza tombé en Somalie en septembre 2009. Le jour des funérailles, Nkurunziza s'était montré à la télévision nationale en train de chanter dans une église. Par ailleurs Nkurunziza ne s'incline jamais devant les corps de nos militaires tombés en mission, ce qui l'intéresse ce n'est que l'argent qu'il tire de leur sacrifice. À tout ce beau monde, l'Ambassadeur Chergui a donné hier soir une leçon magistrale : "ne trompez personne que vous aimez les troupes en mission plus que moi. Avant de traiter avec vous, laissez-moi d'abord honorer leur mémoire ! " Bien sûr il n'a pas dit ces mots, c' est un diplomate. Mais sa visite au cimetière de Mpanda dès son arrivée à Bujumbura le dit mieux que toutes les paroles qu'il pourra prononcer.

Les choses sérieuses se passeront ce jeudi matin. Les troupes burundaises en Somalie ne sont pas payés depuis 12 mois parce que le partenaire financier de la mission, l'UE, ne peut pas financer le gouvernement Nkurunziza suite aux sanctions Article 96 de l'Accord de Cotonou. L'UE veut payer directement les militaires burundais. Nkurunziza résiste et refuse de donner les listes des militaires à payer, parce que cela lui couperait une manne financière dont il a tant besoin. Bien plus, Nkurunziza recourt au chantage et menace de retirer brusquement les troupes. Au-delà des apparences bon enfant, que va dire réellement Chergui ? Va-t-il céder au chantage ou va-t-il rester ferme ? Une chose est sûre : l'ambassadeur Chergui, qui avait pris l'initiative de MAPROBU, connaît très bien la situation politique du pays. Il sait très bien que des "criminels" sont envoyés dans Amisom en guise de récompense à leur zèle dans la répression. Il sait que l'argent provenant de Amisom va être utilisé par Nkurunziza pour financer les meurtres des burundais. Il sait que ces missions permettent à Nkurunziza d'endormir les ex-FAB tandis qu'il est en train de les détruire tranquillement chaque jour. Il sait que cet argent est souvent détourné au Burundi. Il sait tout. Et sa position va engager encore une fois la crédibilité de l'Union Africaine, aux yeux des citoyens africains et aux yeux de la communauté internationale.

Ce que le Commissaire Chergui ne connaît peut-être pas encore, c'est la position du Général Prime Niyongabo qui tente de sauver ce qui peut l'être encore. Prime tremble à l'idée de la fin des missions en Somalie, Il aura du mal à maîtriser les troupes. Prime est d'accord sur le principe du payement direct des militaires, à condition que l'argent passe par la banque centrale du Burundi. J'espère que l'UE et l'UA vont comprendre rapidement le piège de cette proposition : Bujumbura appliquera aux militaires le faux taux de change et s'emparera ainsi de la moitié des soldes ; Il pourra organiser des retards de payement et toutes sortes de retenus à la source qui lui permettront de continuer à utiliser l'impôt des citoyens européens pour verser le sang de son peuple.
Pour nous, le payement direct des militaires n'est pas une mauvaise chose si les soldes ne passent pas par la banque centrale du Burundi et si l'UA arrive à mettre en place un système sérieux de vetting qui empêche la participation de criminels aux missions. L'UA et l'UE doivent éviter de financer la mort des burundais ou de récompenser des criminels. Si rien n'est fait en ce sens, Il serait mieux de dire à Nkurunziza "merci pour la contribution hautement appréciée de vos troupes et discutons calmement de votre projet de retrait."

#BringBackOurSoldiers #StopFundingKillings

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Etat des lieux du Hutuland au Burundi en 2017 https://goo.gl/8iKhzx