mercredi 9 décembre 2015

Repose en paix petit Jésus!

‪#‎Burundi‬ Il était né en 2006, juste une année après la prise du pouvoir par Pierre Nkurunziza. Il portait le même nom: Nkurunziza ("bonne nouvelle"). Peut-être, ses parents voulaient qu'il soit comme le nouveau président, un espoir pour la Nation, une "bonne nouvelle" pour le Burundi. A l'époque, les burundais le croyaient encore. On disait que Pierre Nkurunziza était un envoyé de Dieu entouré de très mauvais conseillers qui l'étouffaient. Il rassemblait les ethnies, il était proche du peuple, il riait et faisait rire. Il avait aussi de bonnes nouvelles pour les enfants: soins gratuits de la naissance jusqu'à 5 ans, éducation primaire gratuite. Il parlait encore de lutte contre la corruption : "Abanyonyezi, ibisaka vy'imbwa vyahiye". Ses collègues disaient que c'était la fin des périodes où l'on emprisonnait les journalistes. Il rendait visite aux organisations de la société civile. Il était l'élu du peuple, il faisait des promesses. Le bébé Nkurunziza pouvait espérer un bel avenir sous l'ère de cet homme exceptionnel.
9 ans après. Samedi, 5 décembre 2015, Jésus Nkurunziza a été fauché par les balles d'un policier au service de Pierre Nkurunziza. Il n'était pas le premier enfant tué de la manière. Jean-Nepo Komezamahoro, 17 ans, est devenu le premier martyr de la contestation contre le troisième mandat inconstitutionnel de Nkurunziza. Un officier de police (Ayubu) a volontairement tiré sur le jeune homme agenouillé, les mains en l'air, le 26 avril 2015. Beaucoup d'autres enfants ont suivi ce chemin de la mort infligé par les sbires de Nkurunziza, certains ont même péri avec l'ensemble de leur famille restreinte.
Le petit Jésus Nkurunziza a été inhumé ce mardi 8 décembre 2015 au Cimetière de Mpanda. Au même moment, des consultations avaient lieu à Bruxelles entre une délégation pléthorique représentant le méchant maître de Bujumbura et l'Union Européenne. A Bruxelles, les représentants de Nkurunziza voulaient de l'aide pour financer le bonheur des burundais, à Bujumbura le peuple pleurait les malheurs lui infligé par l'égoïsme d'un dictateur sanguinaire.
L'ancien libérateur vit désormais cloîtré et ne veut plus recevoir même ses pairs. Il se méfie de ce peuple sur qui il tire à volonté. Il a gravement divisé son peuple et prêche désormais la "nouvelle de la mort" (muzohera nk'ifu y'imijira"). Il est complètement insensible à la mort des enfants. Avant sa mort, le petit Jésus ne pouvait plus écouter de radio indépendante et apprenait que la société civile est le repaire des ennemis du pays. 9 ans après, la "bonne nouvelle" est devenu un véritable cauchemar de tout un peuple. Jesus croyait qu'il lui restait au moins le droit de jouer dans la ruelle devant sa maison: il a tenté samedi soir, trois balles de la police (tête, côte droite, jambe) ont décidé la fin de son séjour terrestre.
Repose en paix petit Jésus !
Ton sourire éteint, ton innocence bafouée seront une des dernières malédictions de Pierre Nkurunziza
‪#‎Sindumuja‬

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