lundi 27 janvier 2014

« Le prix du Focode du bon citoyen » 2013 échoit à Antime, tambourinaire octogénaire

Un tableau, un certificat et un chèque d’un million de FBu : c’est le prix décerné à Antime Baranshakaje (79 ans). Son nom est désormais inscrit dans le livre d’or du Focode comme un infatigable protecteur et promoteur du tambour burundais. Il était aux anges ce samedi 25 janvier à Bujumbura.
Antime Baranshakaje après avoir reçu le prix ©Iwacu
Antime Baranshakaje après avoir reçu le prix ©Iwacu
Le « petit » tambourinaire de Gishora (plein centre du Burundi), l’homme dont l’effigie se trouve sur l’ancien billet de 50Fbu a été primé pour s’être illustré dans la protection de « Ruciteme » et de « Murimirwa », deux tambours fabriqués à partir de la peau de deux vaches offertes à Nyabidaha par le roi Mwezi Gisabo.
Le paysan Nyabidaha avait caché le roi dans un grenier à une horde d’insurgés lancés à sa poursuite. Tambours sacrés (en plus de Karyenda, symbole de la monarchie), ils n’étaient battus qu’à l’occasion de la grande fête des semailles, « umuganuro ». Aujourd’hui, « ils sont jalousement gardés et bien couchés sur un lit moelleux, l’un à coté de l’autre, comme époux et épouse », révèle Antime Barashakaje.
A ce sujet, cet arrière-petit-fils de Nyabidaha déplore le fait qu’aujourd’hui la mystique autour du tambour s’étiole. « Même les femmes se permettent de battre le tambour alors qu’il a la même physionomie que le sexe féminin », a lancé Antime Baranshakaje, en pleines cérémonies. Il s’insurge contre le battement du tambour à l’occasion des fêtes de mariage. « Le tambour résonnait seulement en honneur du roi » et de réaffirmer : « comme c’est fini la monarchie, je ne bats le tambour que pour le Président de la République.»
Le petit vieil homme- encore vert- a aussi été primé pour être ambassadeur culturel du Burundi dans le monde. « J’ai déjà sillonné 31 pays comme chef de file du groupe de tambourinaires ‘ komezakararanga ‘» (sauvegardez la culture). » Selon le délégué du gouvernement aux cérémonies, aujourd’hui, le pays a demandé que le tambour burundais soit inscrit sur la liste du patrimoine mondial reconnu par l’UNESCO.
Primus inter pares
Selon Pacifique Nininahazwe, au vue de la liste des candidats au prix Focode 2014, Antime Barashakaje n’a été que le premier entre ses égaux (Primus inter pares). Et de citer d’autres « célébrités » qui étaient préposés à cette reconnaissance solennelle : feu Jean Baptiste Ntahokaja, l’abbé Adrien Ntabona, Lydwine Nyamushirwa, profeseurs Emile Mworoha et Denis Bukuru.
Plusieurs personnalités participaient aux cérémonies, ce qui est une reconnaissance des mérites du Focode et surtout de son président Pacifique Nininahazwe. Citons : l’ambassadeur d’Allemagne au Burundi, Charles Nditije (président de l’Uprona), Evelyne Butoyi, commissaire au sein du Cndd-Fdd, Agathon Rwasa (président non officiel du FNL, longuement applaudi à sa présentation), Chevineau Mugwengezo (président du parti UPD Zigamibanga, aile qui porte son nom), Euphrasie Bigirimana (Secrétaire Générale du Frodebu), Emile Mworoha, Pie Masumbuko, des sénateurs et des députés ainsi que des patrons de certains médias…
Signalons que le prix est décerné depuis 2007 à une personne qui s’est distinguée par ses actions citoyennes et élue par les 1800 membres du Focode. Il vise à encourager et à porter à la connaissance du public des personnes qui se dévouent au service du pays et qui peuvent servir d’exemples aux nouvelles générations. Une place d’honneur était réservée aux précédents lauréats: Gabriel Rufyiri, Albert Mbonerane, Eulalie Nibizi, Térence Ndikumasabo, Libérate Nicayenzi, Pierre Claver Mbonimpa et Gaston Gahungu, le chef collinaire qui dénonça les exécutions extrajudiciaires pour protéger sa population). A leur tour, ils ont offert une coupe au Focode et une enveloppe personnelle à Pacifique Nininahazwe.
Source: http://www.iwacu-burundi.org/prix-focode-bon-citoyen-2013-antime-tambour/

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