mercredi 27 mai 2009

Carrière politique de Radjabu : Une rétrospective

Source : Burundi Tribune, 27/5/2009

Né dans la province de Muyinga vers les années 1960 d’un homme d’affaires burundais et et d’une mère tanzanienne, l’enfance de cet ancien technicien agricole est peu connu. Son père a été tué en 1972 lors de la purification ethnique qui a tué de nombreux civils hutus innocents. Dans les années 1990, Radjabu Hussein a rejoint le PALIPEHUTU et a l’aida à s’organiser dans les provinces de Bubanza et de Cibitoke.

Après la naissance du multipartisme au Burundi, Radjabu se lie d’amitié avec Ndadaye et jouât un rôle dans la conversion des branches locales du PALIPEHUTU en Frodebu. Après l’assassinat de Ndadaye, il rejoignit le CNDD de Léonard Nyangoma qui le nommât commissaire chargé de la mobilisation et de propagande. C’est de cette position que plus tard il orchestrât un coup de force contre Léonard Nyangoma et le remplaçât par Jean Bosco Ndayikengurukiye tout en restant le véritable patron puisqu’il contrôlait les finances et l’arsenal de ce mouvement armé. Le CNDD fût rebaptisé le CNDD-FDD.

Dans un deuxième coup au sein d’une même organisation, Hussein Radjabu orchestrât la chute de Jean Bosco Ndayikengurukiye au moment où ce dernier négociait avec Buyoya des accords de paix. Préférant opérer dans l’arrière plan, Radjabu n’assumât pas la direction formelle du CNDD-FDD. Il y mît Pierre Nkurunziza.

Lors des élections d’août 2005, le CNDD-FDD décidât de présenter la candidature de Nkurunziza et que Radjabu Hussein assumât la présidence du CNDD-FDD. Avec son élection à la présidence, Pierre Nkurunziza se libérât progressivement de l’emprise de Radjabu Hussein. L’opportunité de se séparer définitivement de Radjabu émergeât lorsque Radjabu fut accusé d’être à l’origine d’un montage qui résultât dans l’emprisonnement de l’ancien président Domitien Ndayizeye et de l’ancien vice président Kadege Alphonse. Leurs libérations discréditât le CNDD-FDD en en particulier son président.

La pression de l’opposition, les médias et les membres du parti au pouvoir a abouti à la signature d’une pétition pour un congrès le 7 avril 2007. C’est lors de ce congrès que Radjabu fut chassé de la présidence du CNDD-FDD, une décision qu’il conteste à ce jour. Il fût immédiatement accusé par le pouvoir Nkurunziza de comploter pour renverser de force les instituions du pays et fût emprisonné.

La peine initiale de 13 ans d’emprisonnement vient d’être réaffirmée par la cour suprême. Ce procès est largement considéré comme une affaire politique. La leçon est éternelle et simple : en politique comme ailleurs, il n’y a pas de place pour deux au sommet.

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