vendredi 20 mars 2009

Mpimba se vide? Pas si sûr.....

Source: Frodebu.be, 19/3/2009

PRISON DE MPIMBA : NDAYIZEYE DOMITIEN, HUSSEIN RADJABU, ALEXIS SINDUHIJE,… A QUI LE PROCHAIN TOUR ?


Par Pancrace CIMPAYE

Les dossiers judiciaires préfabriqués par une main du pouvoir en vue de mettre sur la touche les hommes politiques qui gênent deviennent le lot quotidien au Burundi. Il suffit d’assister à l’audience des procès d’Alexis SINDUHIJE, d’Hussein RADJABU pour appréhender ce phénomène ; il suffit de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur et scruter l’année 2006, cette année-là on tombe sur le tristement célèbre coup d’Etat préfabriqué qui mettait en cause l’ancien Président NDAYIZEYE.

L’esprit et la lettre de ces dossiers ont un seul et même contenu : comment se débarrasser des hommes politiques encombrants ? Comment détruire les hommes qui font ombrage au système politique du CNDD-FDD ? Tout homme qui menace l’intérêt de ce club doit être exécuté ou conduit à la prison centrale de Mpimba.

Ce biais ne donne malheureusement pas un billet définitif pour la gloire. Il est limité dans le temps et dans l’espace. En effet on peut tuer ou emprisonner les hommes qui gênent le pouvoir, mais on ne peut pas tuer ou emprisonner tous les hommes qui ne plaisent pas le pouvoir. Le héros de la Démocratie, S.E Melchior NDADAYE l’avait pourtant clairement déclaré : « ils tueront NDADAYE, mais ils ne tueront pas tous les NDADAYE ». Ces hommes poussent comme des champignons. La meilleure façon de les contenir, c’est de faire du bien au peuple dirigé ! Sinon brimer, torturer, tuer, emprisonner est un exercice vain qui conduit à un éternel recommencent. Tenez, la rumeur circule que le torchon brûle au sein du parti présidentiel. On ne connaît pas encore le rejeton qui naîtra de cette tempête. Mais d’une source proche de ce parti le congrès initialement prévu pour le 7 février 2009, puis fixé au 28 février 2009, déplacé désespérément au 7 mars 2009, vient d’être reportée sine die. La raison majeure de ce gel serait que des coups de coude, des crocs en jambe qui minent ce qui reste des vainqueurs des élections de 2005, hypothéquerait à priori l’issue de ce congrès.

Dès lors, une expédition punitive devrait logiquement tomber. Dans un proche avenir El HADJ Hussein RADJABU peut avoir un autre colocataire. A qui le tour ? Manifestement les camps en présence, que je refuse de nommer sous peine de les renforcer, qui se regardent en chiens de faïence ont dit-on, la même force de nuisance. Difficile donc de prédire qui se retrouvera sur le tapis le premier.

Dans ce tourbillon, on apprend qu’il y a un camp qui commencerait à regretter l’absence d’Hussein RADJABU. Certaines sources confient d’ailleurs que ce dernier aurait été approché pour qu’il soit libéré moyennant quelques conditions. La contrepartie serait que le député Hussein RADJABU consente de réintégrer le CNDD-FDD sans prétendre à la Direction de celui-ci avant 2010. Bien entendu cette offre aurait été rejetée par le locataire de Mpimba. En effet Hussein RADJABU devenu encombrant même sous les verrous ne peut pas sortir par cette petite porte. Il est conscient du malaise qui ruine le club de ses tombeurs. Bien plus tout observateur avisé, témoin du dispositif de la police qui est chaque fois mis en place autour du palais de justice dès 6 h30 du matin quand RADJABU comparait, comprend aisément que celui-ci fait peur au pouvoir. Effectivement, au regard des fidèles qui inondent les parages du palais de justice, ce fils de Muyinga garde une assise à travers le pays. A cet effet, il sied de rappeler qu’à une telle occasion même ses adeptes de l’intérieur du pays venaient au palais de justice. Mais à un certain moment la police a été obligée de casser le mouvement en bloquant les axes qui entrent dans la mairie de Bujumbura. Au-delà de cette solidarité autour du palais de justice, les sources concordantes nous informent que le parti UPD ZIGAMIBANGA est très proche d’El HADJ Hussein RADJABU ; une relation qui expliquerait l’expansion du parti à travers tous les coins du pays. Cette montée fulgurante de l’UPD irrite le pouvoir et déchaîne le courroux de la police et de l’administration territoriale qui ne ménagent aucun effort pour entraver cette marche qui trouble le CNDD-FDD en perte de popularité.

Ce lundi 2 Mars vers 10h00 du matin, l’ancien président NDAYIZEYE est venu jeter le pavé dans la mare au palais de justice. En effet, il est allé assister à l’audience d’Hussein RADJABU. Par hasard le siège a tardé à entrer dans la salle. Ainsi les deux hommes ont eu un entretien de plus de 45 minutes. L’entretien était à voix feutrée. La police qui était à l’entrée de la salle a été très perturbée par cette présence et surtout par cet entretien. Ce détachement de la police a vite informé l’hiérarchie. Des coups de fil fusaient de partout. Ainsi vers 11heures 30 minutes, l’homme fort de la première région, le colonel David NIKIZA est venu au parquet. Malheureusement NDAYIZEYE Domitien venait de quitter la salle 10 minutes plutôt. Il est ainsi vite reparti à bord d’une jeep d’un homme d’affaires, pétrolier Monsieur Nestor GAHOMERA Alias TAPIE. La nervosité lisible sur le visage du colonel David NIKIZA prouve une fois de plus que RADJABU est de plus en plus un casse tête. Cette relation entre NDAYIZEYE et RADJABU que le pouvoir CNDD-FDD n’arrive pas encore à décrypter vient ajouter le drame au drame.

Présentement, à vrai dire, Hussein RADJABU est plus à l’aise que ses tombeurs. Certes, il est incarcéré à la prison centrale de Mpimba, un bâtiment solide, mais ses tombeurs eux sont incarcérés à la prison centrale du système CNDD-FDD qui menace de s’effondrer. La guerre de leadership à l’intérieur de cette bâtisse qui s’écroule nous réserve des surprises ! Certains occupants risquent d’être éjectés à coups de montages de dossiers judiciaires. Ces derniers n’auront d’autres destinations que la prison centrale de Mpimba. A qui donc le prochain tour ?

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